À ce point de mes jours, au feu de mes dernières illusions Sachant que tout tourne sans cesse, je prends une trajectoire irrévocable Avec la masse d’une locomotive, à la puissance d’un réacté Avec dans le coeur la lame pour trancher Pour faire la part des choses et du temps Je décrète l’état d’urgence ! Votre conception du progrès ne consiste Qu’en un assemblage sophistiqué de bêtises et de malentendus meurtriers Le progrès consiste pour moi en un avancement Or, vous vous êtes embourbés En tant que civilisation, dans les pires souilles du Moyen Age Vous n’existez que dans la redondance et dans l’encombrement Tronches de plâtre de mi-Carême, abrutis, déboîtés, têtes de noeuds équarrissées ! Débarbouillez-vous de vos tics, épurez votre gestuelle Et qu’on en finisse avec la morbidité! Qu’avez-vous donc à nouer toujours les mêmes sempiternelles ficelles ? Vous avez tressé un histoire avec un grand H Que vous traînez comme un singe traîne sa queue depuis les temps immémoriaux Une histoire sans fin, dont vous ne vous rappelez plus le début Vous oubliez tout Vous n’êtes ni d’Adam ni d’Ève Vous êtes futiles, éphémères ! À peine vous reste-t-il quelques gènes à se souvenir encore de l’équation du tout Vous êtes égarés, vous avez perdu votre place Vous êtes au monde hors du monde Vous ne savez plus regarder au ciel Vous n’entendez plus le rythme originel Vous êtes perdus et pourtant, vous êtes encore là (je dis bien encore et non toujours !) Avec vos décors, vos masques, vos dentiers et vos perruques Terre concave, ciel convexe Incubateur délirant, matrice flétrie Désespérant d’aboutir à n’importe quoi, n’importe où Mais les molécules s’agitent Les gènes se recoupent et mutent Au mépris des extrêmement tendus à droite Et les dogmes têtus en écument de rage Demain exigera de nouveaux yeux Les vieilles grilles d’analyse ne cadreront plus Les fenêtres que nous aurons sur le monde Vous me verrez blindé Votre jeu de classes sociales ne m’intéresse pas Vous ignorez tout des fréquences parallèles Vous brouillez les contacts Moi j’ai des antennes à l’écoute de l’univers entier Vos gueules, bande d’asservilisés ! Vos gueules ! Vos gueules !