Vos gueules !

Paroles : Pierre C. Girard
Musique : Pierre C. Girard, Mériol Lehmann et Étyenne Bergeron.
© Brak Molotov 1996 Tous droits réservés


Ce texte est publié avec l'aimable autorisation de monsieur Pierre C. Girard
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01-02-2007


À ce point de mes jours, au feu de mes dernières illusions
Sachant que tout tourne sans cesse, je prends une trajectoire irrévocable
Avec la masse d’une locomotive, à la puissance d’un réacté
Avec dans le coeur la lame pour trancher
Pour faire la part des choses et du temps

Je décrète l’état d’urgence !

Votre conception du progrès ne consiste 
Qu’en un assemblage sophistiqué de bêtises et de malentendus meurtriers
Le progrès consiste pour moi en un avancement
Or, vous vous êtes embourbés
En tant que civilisation, dans les pires souilles du Moyen Age
Vous n’existez que dans la redondance et dans l’encombrement
Tronches de plâtre de mi-Carême, abrutis, déboîtés, têtes de noeuds équarrissées ! 
Débarbouillez-vous de vos tics, épurez votre gestuelle
Et qu’on en finisse avec la morbidité!

Qu’avez-vous donc à nouer toujours les mêmes sempiternelles ficelles ? 
Vous avez tressé un histoire avec un grand H 
Que vous traînez comme un singe traîne sa queue depuis les temps immémoriaux
Une histoire sans fin, dont vous ne vous rappelez plus le début
Vous oubliez tout
Vous n’êtes ni d’Adam ni d’Ève
Vous êtes futiles, éphémères ! 
À peine vous reste-t-il quelques gènes à se souvenir encore de l’équation du tout
Vous êtes égarés, vous avez perdu votre place
Vous êtes au monde hors du monde
Vous ne savez plus regarder au ciel
Vous n’entendez plus le rythme originel
Vous êtes perdus et pourtant, vous êtes encore là 
(je dis bien encore et non toujours !) 
Avec vos décors, vos masques, vos dentiers et vos perruques
Terre concave, ciel convexe
Incubateur délirant, matrice flétrie
Désespérant d’aboutir à n’importe quoi, n’importe où
Mais les molécules s’agitent
Les gènes se recoupent et mutent 
Au mépris des extrêmement tendus à droite
Et les dogmes têtus en écument de rage
Demain exigera de nouveaux yeux
Les vieilles grilles d’analyse ne cadreront plus 
Les fenêtres que nous aurons sur le monde

Vous me verrez blindé
Votre jeu de classes sociales ne m’intéresse pas
Vous ignorez tout des fréquences parallèles
Vous brouillez les contacts
Moi j’ai des antennes à l’écoute de l’univers entier
Vos gueules, bande d’asservilisés ! 
Vos gueules ! Vos gueules !


Ils ont interprété la chanson:

Brak Molotov (1996).

Parution initiale:

Polka oxydantale de Brak Molotov. (1996, Production indépendante).