J'me lève le matin Je ne ressens plus rien Je ne me reconnais pas Je me traîne les pieds J'me perds dans mon journal Les nouvelles sont banales Je déjeune en vitesse Y'a le temps qui me presse Et le froid qui me transperce J'ai juste une envie De rester seule chez moi Bien au chaud dans mes draps Comment c'est possible D'en être rendu là Je suis presque mécanique Un robot qui ne pense pas Je me sens programmée Comme le sont mes journées Mes mouvements saccadés Sur des rythmes réguliers Je prends l'autobus J'arrive au terminus J'attends à l'abribus C'est l'heure du transfert En route vers mon enfer J'ai pas les idées claires J'arrive au bureau L'endroit me glace les os Si tôt, j'ai du boulot Je suis en vol plané Noyée sous les dossiers Toujours bien empilés Comment c'est possible D'en être rendu là Je suis presque mécanique Un robot qui ne pense pas Je me sens programmée Comme le sont mes journées Mes mouvements saccadés Sur des rythmes réguliers Je m'essouffle toujours au pas de course J'ai le feu et le diable à mes trousses Je cherche mes idéaux dans la brousse J'y vois rien et ça me donne la frousse Comment c'est possible D'en être rendu là Je suis presque mécanique Un robot qui ne pense pas Je me sens programmée Comme le sont mes journées Mes mouvements saccadés Sur des rythmes réguliers...