Veni, vidi, vixi

Paroles : Victor Hugo.
Musique : Alain Lecompte.
1848
Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici
J'ai vécu souriant, toujours plus adouci
Debout, mais incliné du côté du mystère

J'ai fait ce que j'ai pu; j'ai servi, j'ai veillé
Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine
Je me suis étonné d'être un objet de haine
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé

Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains
J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle

Maintenant mon regard ne s'ouvre qu'à demi
Je ne me tourne plus même quand on me nomme
Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme
Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse
Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit
O Seigneur! Ouvrez-moi les portes de la nuit
Afin que je m'en aille et que je disparaisse !

Aimer c'est agir



Ils ont interprété la chanson:

Alain Lecompte (2001).

Parution initiale:

Victor Hugo Live d'Alain Lecompte (2001, Nordisques, NDQCD-1602).