Il vit seul en ville Sans bla-bla, un héron Un long nez difficile Pas grand chose à son goût Debout tôt le matin En avant les petits pas Tout de gris le dos rond La valise à la main Prenons-le ce chapeau Sur la rue des manteaux Juste au creux de la foule Qui s'usine à mabouls Il a l'air d'un chagrin De n'avoir pris son vol Toute une somme de pétrin Sans filet, ni boussole Est-ce un cibole de fou? Ne remue que le cou La vie lui sourit mal Au rang des rendus dessous Ne crée pas de remous Est-ce un cibole de fou? Il se rappelle, ce n'est pas d'hier Son injuste bicyclette dort encore sur quatre roues Quand on tentait dans le quartier des mauvais coups Ne servait aux amis que de pion ou de courte échelle Quand on jouait pas de quartier Il se laissait tomber Il se rappelle, ce n'est pas d'hier Deux mots à Marie-Claude Deux mots qu'il n'a pas adressés N'est pas né fonceur Une brique est un mur Les deux pieds pris dans ses bottines Sans foncer chaque fois S'enfonçant à coups de petit pois Pourtant il aurait pu Est-ce la faute de sa mère? D'un malentendu? D'un mauvais point de repère? Pourtant il aurait pu Être autre chose qu'un dégonflé À l'ère osée des montgolfières Prendre le large Pourtant il aurait pu En place de taire son coeur Faire du chahut Se moquer des dompteurs Pourtant il aurait pu Faire autre chose que se rouler Déjà bougon à s'embêter Borné déjà Va! Va d'abord va! Borné va! Des javas de bornés déjà morts Va d'abord va! Des bordées de bornés, va! Va! Sans ami sans amour Seul en lui seul au sol Un désert de boudin Le béton le console Échoué loin du ravi Par l'ennui par le fond En a bien peu appris Et l'a pris en plein front Est-ce un cibole de fou? La vie lui est égale La vie lui sourit mal Lui sourit mal à la vie Est-ce un cibole de fou? La vie lui est égale La vie lui sourit mal Lui sourit mal à la vie Est-ce un cibole de fou?