Après avoir ouvert finalement la portière Son coeur bat un peu moins on peut dire plus du tout Elle pose sa valise sur la banquette arrière Dans son rétroviseur elle fait un peu la moue Et le moteur démarre Dans un bruit de colère Partir pour nulle part Besoin de prendre l'air Besoin de faire le vide mais avant faire le plein Soixante litres d'essence la conduira plus loin Plus loin ne vaut pas dire en terme de distance Elle se revoit fillette bouclettes et robe blanche La route s'évanouit soudain en un instant Elle se retrouve ailleurs quelque part dans le temps Alors elle revient en arrière Pour mieux s'entendre vivre Elle retrouve ses classes Elle retrouve ses livres Et dans la cour d'école Qu'elle croyait haïr Elle retrouve son ballon Attention au tournant Qu'est qu'elle a dans la tête, ça ne tourne plus rond Défilent les kilomètres et elle traverse un pont S'allume une cigarette se pose des questions Si quelqu'un la recherche bien d'autres occupations Mais voilà l'autoroute qui lui ouvre les bras Une voix crie après elle mais ne lui répond pas Elle roule sur la grand-route ne la voit déjà plus Que s'est-il donc passé pour qu'elle soit si perdue Paradis éphémère et illusions déchus L'été pleure en hiver ses jardins disparus Mais tout se brouille en elle Repense à son enfance Premier garçon de coeur Mais peur de la jouissance Alors elle revient en arrière Pour mieux se sentir libre Et elle redit des mots Qu'elle ne croyais plus redire Et elle refait des gestes Qu'elle ne croyait plus sentir Elle retrouve son ego Mais le matin arrive Son pied est plus pesant sur l'accélérateur Son coeur dans sa poitrine bat à cent milles à l'heure Les larmes sur ses joues n'ont plus grande importance Devant elle un trou noir l'attire en silence Et la voiture dérape Un vacarme d'enfer Un jour on s'aperçoit Qu'il faut tuer nos rêves