Une journée finissante sous un ciel gris Une pluie battante Bientôt la nuit Ta silhouette se détachant Sur ce ciel menaçant En haut du petit chemin En bas duquel je me tiens Ton allure désinvolte Tes cheveux tirés Et tes yeux bleus qui rigolent Bientôt sur ton visage mouillé Tu me prends par la main Nous descendons cette rue Dans laquelle personne ne vient Par laquelle je suis venu Trois marches d'escaliers Une porte qui sonne Nous entrons dans un café Dans un coin la patronne Et assis sur sa chaise à jamais Son vieux mari handicapé Auquel elle donne à manger Et qui n'a même pas bronché Nous sommes assis près du poêle Et devant une tasse de café Bientôt nous levons le voile Qui laisse échapper nos préjugés Dans le silence de la salle Que le tic tac de la pendule vient mesurer Ivre de tes yeux qui me parlent Je suis sans fin de t'aimer