Comme un oiseau tout nu dans rue J’picosse sur un p’tit croûton d’pain J’m’attends à rien pis j’m’en fais pus Chus même pas un vrai bohémien J’m’en vas tout nu comme une tortue Je prends jamais le même chemin À quoi ça sert un raccourci Si on veut pas s’rendre à la fin Tout nu dans rue mais comme un Bouddha J’m’en vas nulle part ailleurs qu’ici Ici je l’amène avec moi Ici c’est grand à l’infini Tout nu dans rue mais comme un Bouddha J’m’en vas ailleurs m’ à l’intérieur C’est donc ben vrai c’que disait Rimbaud Que « la vrai vie est ailleurs » Tout nu comme un poisson dans l’eau Je nage au milieu des vidanges Les sacs de chips dans les roseaux Et des choses encore plus étranges Les animaux ont pas d’argent Pis les tortues ont pas d’bagage S’en vont toujours par en avant C’est le plus lent des longs voyages Tout nu dans rue mais comme un Bouddha J’m’en vas nulle part ailleurs qu’ici Ici je l’amène avec moi Ici c’est grand à l’infini Tout nu dans rue mais comme un Bouddha J’m’en vas ailleurs m’ à l’intérieur C’est donc ben vrai c’que disait Rimbaud Que « la vrai vie est ailleurs » La ville est pourrie jusqu’aux dents Les boulevards ont mauvaise haleine Le ciel est jaune même au printemps J’ai même pas l’goût d’avoir d’la peine Comme un oiseau tout nu dans rue J’picosse sur un p’tit bout de rien Pas loin d’un ruisseau disparu Quand la terre était un jardin Tout nu dans rue mais comme un Bouddha J’m’en vas nulle part ailleurs qu’ici Ici je l’amène avec moi Ici c’est grand à l’infini Tout nu dans rue mais comme un Bouddha J’m’en vas ailleurs m’ à l’intérieur C’est donc ben vrai c’que disait Rimbaud Que « la vrai vie est ailleurs »