J'ai pas envie de m'expliquer Nous plus de faire semblant de comprendre Je ne détiens pas la vérité J'ai simplement le coeur qui tremble Devant tous ces connards boiteux Ces caméléons d'outre-tombe Ces analystes au goût douteux Qui trichent sur le bout de leur langue À tous ces intellos paumés Je veux leur dire une fois pour toutes Que les mots ne sont que des mots S'ils ne sont dits que pour la photo Je n'écris pas de toute façon Pour les poètes de salon J'peux plus blairer vous en déplaise Tous ces Rimbaud de pacotille Qui se masturbent sur leurs phrasés Ces orthogriffeux de papier Je ne reçois pas à chaque mois Le dernier cahier littéraire J'prends pas de tisane dans les cafés En contemplant mon dictionnaire Je n'insulte pas la page blanche En la gavant de points-virgules Ni de mots longs comme des pissoires Pour faire bander mon auditoire Je n'écris pas de toute façon Pour les poètes qui riment en on Je continue je m'en excuse Même si je dois me répéter Qu'un troupeau de vaches apeurées Leur sert souvent de soeur jumelle Je les devine quelquefois Dans leur costume Christian Dior Susurrer Verlaine sur Mozart Dans leur soirée de poésie Mais la poésie c'est de la merde Quand ça devient un égo-trip J'ai trop de respect pour Rutebeuf Et tous ces poètes maudits Je n'écris de toute façon Je vis à plein ma déraison