J'ai honte d'être de ces hommes-là Calés au fond de leur beau fauteuil Et qui assistent au spectacle, là-bas De ce peuple qui porte déjà le deuil De tant de corps qui gisent dans le sang Au nom de la justice de ces fous Fiers d'exterminer tant d'innocents Pour satisfaire leur loi à dix sous Oh ! Tchétchénie ! Si seulement je pouvais Te libérer de l'emprise de tous ces traîtres J'ordonnerais à toute l'Europe à tout jamais D'aller défier ces gens, de les faire disparaître Je n'ai que mes mots comme armes Je n'ai que mon espoir pour combattre Oh ! Tchétchénie, sèche tes larmes Résiste, ne te laisse pas abattre ! La neige qui tombe accompagne tes pas Gardienne surprise de tant de désarrois Elle pose son linceul sur ces vieillards las De tant d'efforts pour trouver un toit Tes enfants ne tardent pas eux aussi À tomber des bras de leur mère épuisée Dans cet océan blanc près de la Russie Qui engloutit ses frères pour s'amuser Tu t'isoles quand toute l'Europe se terre Insensible à ton agonie près de mon pays Derrière ses frontières comme en guerre Contre tout un continent tout près d'ici Je n'ai que mes mots comme armes Je n'ai que mon espoir pour combattre Oh ! Tchétchénie, sèche tes larmes Résiste, ne te laisse pas abattre ! Ton regard vide se perd dans le froid Seule écoute à ta complainte terrible Et l'espoir s'enfuit davantage chaque mois Dans l'immensité des steppes qui jubilent Tu ne fuis plus les balles et les bombes Tu les provoques pour au moins en finir Avec ta vie qui réclame enfin une tombe Pour que le silence soit l'hymne des martyrs Tu voudrais aussi que l'histoire se souvienne De tous ces hommes, de toutes ces femmes Qui sont morts pour rien, alibis de la haine Juste pour satisfaire la justice de ces infâmes Je n'ai que mes mots comme armes Je n'ai que mon espoir pour combattre Oh ! Tchétchénie, sèche tes larmes Résiste, ne te laisse pas abattre !