Sans cubisme éprouvé, le dernier ne peut que douter

Paroles : Jean-Luc Kockler.
© Jean-Luc Kockler - SACEM


Ce texte est publié avec l'aimable autorisation de monsieur Jean-Luc Kockler.
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28-08-2007


Quand le somnifère assomme l'homme
Le fer contre la terre détonne l'atmosphère lourde et figeante 
Le corps  fond dans le tréfond sans fond

Le manège s'ébroue, s'emballe, s'enflamme, s'envole
L'homme décolle du sol de sa vie dans la nuit basculante aux accords désorgués
D'une chaise musicale qui voit passer sur son siège les culs pressés
De savoir s'ils trouveront leur salut dans un ballet directement éliminatoire
En suspendant leur chute le temps de faire chuter les autres mais tous les autres aussi

Le contact d'un sol survolé tant et tant d'heures d'errances à respirer à souffle Cadencé 
sans règle, sans logique, sans cubisme éprouvé, avant que l'ultime volonté Marchandée dans 
une réserve d'épuisance irrévocablement condamnée ne rende L'arme qu'on lui a vendue sans 
mode d'emploi

Voilà l'entrée de l'absurde sur la scène du théâtre hautement privé, dont les souvenirs
Inventent chaque nuit un langage à clés perdues dans une histoire enfouie Volontairement au 
fond de marécages inaccessibles, stérilisé de l'émotion primaire  nue 
Fragile et tellement résignée à n'être caressée que par la caresse d'un espoir sans espoir

La raison fait place à la déraison, la logique à la délogique, l'illusion à la désillusion,
 l'espérance à la désespérance, une perte vidée de ses codes d'ouverture par la rupture de 
l'anévrisme de soi, vidant la substantifique substance consistante bris par débris jusqu'au
 silence du jugement qui ne sera jamais appliqué :
Ce serait si facile de s'en sortir ainsi
L'autre jugement, celui d'après le précédent jugement d'avant tous les jugements D'avant le 
jugement premier se prépare en coulisse avec la jouissante conviction 
D'être le dernier mais sans en être le premier à en douter : 
Tous les autres l'ont appris à leur perte consommée 
Sans cubisme éprouvé, le dernier ne peut que douter