En ce pays qui ploie sous tous les maléfices Des puissances occultes hantent les cerveaux On voit briller la nuit aux feux des sacrifices Des gens en robe noir comme des corbeaux Dieu de la cécité, déesse des ténèbres Toi qui règnes sur un monde à jamais obscur Les cérémonies que tes anges noirs célèbrent Ne servaient qu'à subjuguer le peuple insécure De Salem Ohé ! De blancs oiseaux de proie président les offices Ils vont exorciser le corps des possédés Il est vrai que les pauvres qu'on mène au supplice N'ont jamais été si bien dépossédés Dieu de la surdité, déesse du silence Toi qui règnes sur un monde à jamais muet Tu connais la terreur qui fond sur l'ignorance Lorsque tu condamnes avec les mots désuets De Salem Mais les morts sont vivants au sein de ceux qui souffrent Qui attendent leur tour ou pleurent l'échafaud La vengeance et la peur ont des odeurs de soufre Et des yeux de fantômes guettant les corbeaux Ohé ! Au jour du jugement, au jour de la colère Lorsque toutes les mèches seront allumées Il ne restera plus qu'à faire une prière Que la foudre s'éclaire avant de s'enflammer À Salem, à Salem À Salem, à Salem