Ils se murmurent de silence À peine du bout des lèvres Camouflent leur regard Derrière des fenêtres S'ils n'osent pas encore Ils se parlent déjà Des prix qui montent en flèche Et du temps qu'il fera Ils se croisent par hasard Deux trois fois la semaine Parfois chez le boucher Mais qu'importe la scène Puisqu'ils ne savent pas Encore qu'ils vont s'aimer Ils se caressent de mots tendres Mais toujours en sourdine Des mots sans importance Mais qui les font sourire S'ils n'osent pas encore Ils se demandent pourquoi Leur coeur bat la chamade D'un seul toucher du doigt Si le vent souffle fort Si le ciel se déchire Pour un baiser perdu La nuit dans leur délire Puisqu'ils ne savent pas Encore qu'ils vont s'aimer Et depuis chaque matin Toujours à la même heure Prennent le même train Empruntent les mêmes artères S'ils n'osent pas encore Ils comprennent déjà Que leur peine est immense S'ils ne se croisent pas Comme à tous ces dimanches Où tout était parfait Quand l'espoir s'infiltre Dans nos jardins secrets Puisqu'ils ne savent pas Encore qu'ils vont s'aimer