Canicule en plein Nord Je pensais aller me ressourcer dans le bois Quand je suis tombé sur un sentier de coupe à blanc Large comme une autoroute de terre séchée Écrasée sous le poids des 18 roues Des carcasses de cadavres d'arbres Les branches tout ébouriffées sur le sol comme la tignasse d'une femme violée La sourde oreille reste sourde La sourde oreille ne s'inquiète pas La sourde oreille dort paisiblement La sourde oreille s'en fout royalement J'ai senti résonner les pleurs du bois Dans l'air sec, déserté par les aromates naturels Constaté l'échec de la conscience aveugle En nos gouvernements qui vendent tout ce qui nous reste d'héritage À des gens qui ne respectent rien de nous Forêt abstraite sur documents bureaucratiques Le territoire n'a plus rien à voir avec la fierté d'un peuple La terre se terre sous les pas des terriens Mon coeur amérindien se souvient D'une extermination massive et sournoise Qui exploite ? Qui viole ? Carcasse des cadavres d'arbres L'homme blanc est un diable noir qui trahirait son propre frère M'a déposer une loi pour abolir la méfiance M'a rédiger une loi pour abolir le doute M'a faire passer une loi pour abolir la peur Pis je r'gardrais tout ça s'répandre comme un virus Moi j'voterais pour une loi qui détruirait nos masques M'a décréter une loi contre le manque de confiance M'a imposer une loi contre la haine qu'on retourne contre soi Pis je r'gardrais tout ça s'répandre comme un virus Moi j'voterais pour une loi contre nos trips de pouvoir M'a décréter une loi contre le manque de respect M'a imposer une loi contre la haine qu'on projette sur les autres Pis je r'gardrais tout ça s'répandre comme un virus M'a déposer une loi pour abolir la violence M'a rédiger une loi pour abolir la vengeance M'a faire passer une loi pour abolir l'ego Pis je r'gardrais tout ça s'répandre comme un virus