Ma mémoire est en deuil S'est infiltrée à pas de loup Entre ta brume et mes soleils Toi qui aimait gueuler partout Que l'Amérique est un cercueil C'est toi qui est morte avant nous Gueuler pour gueuler, c'est la déprime C'est bon pour ceux qui ne pensent rien Qui se pavoisent se gargarisent Et dégustant leur petit joint Sur une musique un peu débile Sur un nuage mexicain Partir T'as toujours voulu partir Aller de plus en plus loin T'as trouvé ton enfer euphorique J'pouvais pas t'suivre sur ton chemin Bien que je vivais à tes côtés J'ai pas remarqué ta glissade J'ai préféré m'fermer les yeux Que de subir tes jérémiades Que tu voulais planer un peu Pour mieux sortir de ton impasse Pendant que je buvais ma bière Et mes Ricard comme un p'tit con Tu te piquais en Mercedes Te "shoutais" au diapason De tes lubies les plus sincères De tes voyages d'illusions Partir T'as toujours voulu partir Aller de plus en plus loin T'as trouvé ton enfer euphorique Dans l'angle mort de ton chemin Bientôt ce fut la rupture On n'avait plus les mêmes besoins Tu carburais au cyanure À l'héro, au crack et aux crottins T'avais l'visage comme le bitume Et le coeur comme un serpentin La nuit qu't'as fait ton overdose Où étaient donc tes nouveaux copains ? T'es morte comme une chienne qui se pose Sur son flanc attendant la fin As-tu pu jouir de quelque chose Ou n'était-ce qu'un fossé sans fin ? Partir T'as toujours voulu partir Aller de plus en plus loin T'as trouvé ton enfer euphorique Y avait trop de neige sur ton chemin Ce matin lorsqu'on t'as mise en terre Je suis sorti sur mon balcon Pour prendre une grande bouffée d'air Regarder bien droit l'horizon Vu que j'crois pas à la prière J't'ai composé cette chanson Partir T'as toujours voulu partir Aller de plus en plus loin Je déteste ton enfer euphorique T'aurais eu trente ans en juin