Ô perfide Albion

Paroles et musique : Jacques Goudeaux.
© Jacques Goudeaux 1994 / Dépôt légal SACEM


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01-03-2005


Quand je mis le pied
Droit dans le bourbier
De la noble terre
Je ne savais pas
Que, passant le Pas
La vieille Angleterre
M’avait réservé
Un genre de cuvée
Toute britannique
Avec un présent
Des plus séduisants
Et des plus toniques !

À peine quinze ans
Moi pauvre innocent
Je me disais : "Chiche,
Une histoire d’amour
Mais quoi de mieux pour
Apprendre l’english !"
Or précisément
Du tempérament
Ces filles des îles
En sont tellement
Pourvues que vraiment
Tout est plus facile

Juste débarqués
Nous fumes attaqués
Par une vraie horde 
Ce fut la curée
Un raz de marée
Ô, miséricorde !
Les corsaires d’antan
En faisaient autant 
Tous à l’abordage !
Et tous en cinq sec
De donner du bec
Sans marivaudage

Un peu tête en l’air
Je n’eus pas le flair
D’accorder ma lyre
C’est qu’en un instant
C’est qu’en moins de temps
Qu’il faut pour le dire
Il n’en restait plus
Que le superflu
Le bel héritage !
Car celle qui restait
Fallait la santé
Fallait du courage !

Je crie : "Au secours !"
Voilà qu’elle accourt
Me happe au passage
Je voulais sans détours
Faire demi-tour
Partir à la nage
Les copains riaient
À gorge déployée
Je n’étais pas à noce
Fallait pas compter
Sur eux pour m’aider
Ah, les sales rosses !

C’est en fait, je crois
Le chemin de croix
Que je devais suivre
Et l’air nonchalant
J’allai, tout tremblant
Visiter ses cuivres
Tout énamourée
Elle vint susurrer
De douces paroles 
Pauvre galérien
Je n’y comprenais rien
Ah, la bonne école !

Étant réputé
Qu’à l’heure du thé
C’est l’heure de la pose
Je voulus m’ éclipser
Histoire de muser
Renifler les roses
Et dans un moment
De relâchement
Je me carapate 
Je n’avais pas franchi
Le seuil du logis ...
Qu’elle me cravate

Et bien cramponné
Le nez dans le nez
Elle m’enveloppe
Sans plus de baratin
Me colle un patin
Comme une escalope
Puis, émoustillée
Vient me chatouiller
Le bout de l’oreille
Butinant partout
Jusqu’au fond du cou
Pire qu’une abeille

Alors que le soir
Venait, plein d’espoir
Je lui dis : "Ma chère
C’est pas que je m’ennuie
Mais il va faire nuit
J’ai des choses à faire ..."
N’ayant pas compris
Voilà qu’elle me prit
La main sans ambages
Et l’air malicieux
Me fit des clins d’yeux
Gonflant son corsage

Puis elle me traîna
Dans son nirvana
Pour compter les astres
Ne nous leurrons pas
Ne le cachons pas
Ce fut un désastre
Si providentiel
Qu’au septième ciel...
Je battis de l’aile
Quel drôle de jeu
Je n’y vis que du feu
Trente-six chandelles !

Ô, perfide Albion
Le coeur du vieux lion
Rugissait encore
Sa déconvenue
Fut sans retenue
Et cette pécore
Joue la comédie
Joue la tragédie
Se pâme et expire
Couplets anodins
Juste dignes d’un
Drame de Shakespeare

Là-bas, Cupidon
Il en a le don
Pique à l’aveuglette
Il peut bien jeter
Son arc et tâter
Du jeu de fléchettes...
Toutes ces ladies
Moi, je vous le dis
Ne sont pas des tendres
Sans vous offenser
Messieurs les français
Tirez sans attendre !


Ils ont interprété la chanson:

Jacques Goudeaux (1994).

Parution initiale:

Volume B de Jacques Goudeaux (1994, Production indépendante).