Des jours comme çà on pense... on en aurait assez De courir après sa chance et on veut tout laisser là En marchant sur la rue d'un pas de passant pressé On se demande si on sait de quel côté aller Autant y'a de conquis qui se taisent à se plier Aux pieds de pantins tous élus Qui avec les ans ne bougent plus d'un fil Autant les hommes de loi qu'on gave Rient au nez des sans-fortune À qui on crie que la lutte est truquée Quand soudée au temps passe une vieille dame digne chic Porte-poussière à la main promenant son cher chien doux Des jours comme ça on sent que personne ne sait Où est située la distinction entre le bon sens et ce chéri d'or Qu'à danser comme Astaire on ne peut que changer peu Les idées des génies qui auraient mieux fait de rester chez eux Honteux qu'ils lèsent la masse aidés d'études, de paperasses Eux qui créent nos habitudes quitte à raser les races Nous chantent jusqu'au cimetière les beautés de l'univers L'avis éternel, ta brouette et ta pelle Creuse ton trou mon petit ne sois pas malappris Garde ta place au milieu du rang la vie durant Creuse ton trou mon pitou, ne sois pas marabout T'as droit au marathon, tonton marathon À l'assaut des sommets pour épater la galerie On finit assommé plus petit qu'un petit grain de riz On voit venir l'heure proche où le souffle va nous manquer On change son coeur en roche, on se cache pour pleurer On saute de plus en plus du haut des toits des hauts buildings Plus ça va moins ça va, l'air est aux désespérés On vend du vent aux gens, ces mêmes gens se tuent pour en acheter Quand ils n'ont plus d'argent n'ont plus personne à qui parler Nos coeurs se meurent comme les oiseaux Qui volent en rond dans nos cerveaux Des jours comme ça on pense, c'est loin de se tasser Au rythme où on use la chance Une nuit tout ce beau monde va céder La société moderne cultive les illettrés Les laisse crever de faim pour qu'ils se mangent entre voisins Creuse ton trou mon pitou, ne fais pas la baboune On t'a changé de jeu de dames Maintenant c'est le temps, maintenant rame Creuse ton trou ma pitoune Prends garde aux maladies, garde ! Tu sers de jour et de nuit Alors c'est bon l'or, hein ? Le goût de l'or ça endort Ca nous bouche les yeux et les oreilles d'abord Ensuite ça nous éteint la bonne humeur Jusqu'au bord de la mer Et si on croit que ça s'installe que pour quelques heures Le goût de l'or Ça nous attache Ça nous attache des vies entières Et ça, ça nous engloutit