Maussade

Paroles : Edgar Bori.
Musique: Edgar Bori, Gustave et Gaspard, Pierre Pagé.
1995
Des jours comme çà on pense... on en aurait assez
De courir après sa chance et on veut tout laisser là
En marchant sur la rue d'un pas de passant pressé
On se demande si on sait de quel côté aller

Autant y'a de conquis qui se taisent à se plier
Aux pieds de pantins tous élus 
Qui avec les ans ne bougent plus d'un fil
Autant les hommes de loi qu'on gave
Rient au nez des sans-fortune 
À qui on crie que la lutte est truquée

Quand soudée au temps passe une vieille dame digne chic
Porte-poussière à la main promenant son cher chien doux

Des jours comme ça on sent que personne ne sait 
Où est située la distinction entre le bon sens et ce chéri d'or
Qu'à danser comme Astaire on ne peut que changer peu
Les idées des génies qui auraient mieux fait de rester chez eux

Honteux qu'ils lèsent la masse aidés d'études, de paperasses
Eux qui créent nos habitudes quitte à raser les races
Nous chantent jusqu'au cimetière les beautés de l'univers
L'avis éternel, ta brouette et ta pelle

Creuse ton trou mon petit ne sois pas malappris
Garde ta place au milieu du rang la vie durant
Creuse ton trou mon pitou, ne sois pas marabout
T'as droit au marathon, tonton marathon

À l'assaut des sommets pour épater la galerie
On finit assommé plus petit qu'un petit grain de riz
On voit venir l'heure proche où le souffle va nous manquer
On change son coeur en roche, on se cache pour pleurer

On saute de plus en plus du haut des toits des hauts buildings
Plus ça va moins ça va, l'air est aux désespérés
On vend du vent aux gens, ces mêmes gens se tuent pour en acheter
Quand ils n'ont plus d'argent n'ont plus personne à qui parler
Nos coeurs se meurent comme les oiseaux
Qui volent en rond dans nos cerveaux

Des jours comme ça on pense, c'est loin de se tasser
Au rythme où on use la chance 
Une nuit tout ce beau monde va céder
La société moderne cultive les illettrés
Les laisse crever de faim pour qu'ils se mangent entre voisins

Creuse ton trou mon pitou, ne fais pas la baboune
On t'a changé de jeu de dames 
Maintenant c'est le temps, maintenant rame
Creuse ton trou ma pitoune
Prends garde aux maladies, garde !
Tu sers de jour et de nuit

Alors c'est bon l'or, hein ?
Le goût de l'or ça endort
Ca nous bouche les yeux et les oreilles d'abord
Ensuite ça nous éteint la bonne humeur
Jusqu'au bord de la mer

Et si on croit que ça s'installe que pour quelques heures
Le goût de l'or
Ça nous attache 
Ça nous attache des vies entières
Et ça, ça nous engloutit



Ils ont interprété la chanson:

Edgar Bori (1995).

Parution initiale:

"Vire et valse la vie" d'Edgar Bori. (1995, Disques Passeport, PAS-CD-1208).