C'était l'hiver américain Au froid d'enfer, Lindâ Louvain Tenait un billet dans sa main Depuis trois quart d'heures rue des Pins Un long hiver où les matins Prisonnière du transport urbain Elle prie que vienne le jour divin Où elle aura voiture en main Bien décidée à mettre fin À ce châtiment quotidien Lindâ magasine le lendemain Le véhicule de son destin Une voiture de seconde main C'est bien mais peu sûr à moins vingt Va donc, lui conseille son cousin Chez Location Jean-Guy Pépin Lindâ, Lindâ, Lindâ Loue une Lada Lindâ, Lindâ, Lindâ Loue une Lada Niva ou Samara C'est fort peu cher Et ça t'ira Dans la cour le vendeur dispose De ce modèle dont ce char très rose C'est chose très rare dit-il en prose Que posséder un char très rose Et Lindâ s'emporte sans pose À qui est-ce, à ce qu'on lui propose Sans voir que la voiture en cause Sous la peinture se décompose Mais... Lindâ, Lindâ, Lindâ Loue une Lada Lindâ, Lindâ, Lindâ Loue une Lada Niva ou Samara C'est fort peu cher Et ça t'ira Elle prend sa voiture stylisée Et entreprend la traversée Des rues et se fait la risée Des mécanos de fin de soirée Une fois surgit d'un quartier Avec lui des câbles à booster A voulu les utiliser Lindâ dominera janvier Mais un matin d'hiver à moins vingt La voiture survoltée en vain Rend l'âme et c'est peinée sans fin Qu'elle pleure la mort de son engin Mais Lindâ reprend ses moyens Et plogue sa voiture sur le cent vingt Enlève les roues et les coussins Coquine, elle s'en fait un grille-pain Lindâ, Lindâ, Lindâ Loue une Lada Lindâ, Lindâ, Lindâ Loue une Lada Niva ou Samara C'est fort peu cher Et ça t'ira Niva ou Samara C'est fort peu cher Et ça t'ira Lindâ