Vous étiez une fois La fée de tous mes contes L'image d'Épinal À mes murs accrochée Inhabitable amour Dérisoire maison Vos yeux sont de velours Ma chambre est de carton Au plus creux de la nuit Au plus fort de l'orage Ton visage est offert Aux diseurs de mirages Dans ce vieux livre ouvert Aux pages délaissées Ne reste que l'hiver Sur nos pas effacés Nous n'irons plus au bois Les arbres sont coupés Rien n'est comme autrefois Au fond de la vallée Le soir ne tombe plus Ne revient plus le jour Qui emmenait la vie Au bord de nos amours Tous ces gars aux beaux yeux Et le temps et l'espace Tout se brise en vos mains Inaccessible amour Vieux livre de la vie Livre aux cent milles pages Du fond de mon ennui Seul comme un vieil adage Je cherche en vain les mots Je tourne en vain les pages Du conte inachevé De nos amours sans âges Vous étiez une fois La fée de tous mes contes Qu'êtes-vous devenues Quand la nuit fut venue ?