Un peu de soleil sur la balançoire Dans l'arbre poussent les pimbinas Aux fenêtres bleues, les rideaux sont noirs Et il pleure sa vieille Alvina Le silence est grand, il fait toujours soir L'horloge tique, taque, et c'est son pas Le vent fou qui court, elle passe le voir La feuille qui tremble, c'est sa voix Un nuage au-dessus de la balançoire Dans l'arbre mûrissent les pimbinas La chaise berçante ne veut pas me croire : Elle est partie mon Alvina Le kirsch et le vin, je ne peux plus les boire Elle en servait les jours de joie Ses mots d'amour dorment sur son écritoire Plus vrais qu'ils ne vivaient déjà Il pleut sans arrêt sur la balançoire Les moineaux mangent les pimbinas Encore cette année, la tarte est aux poires Je me résigne, comme Alvina La saison rougit, c'est le désespoir Le fruit surit, elle n'est plus là Je casse maison, je m'en vais la voir L'aimer une éternelle fois Hier, il a neigé sur la balançoire L'arbre est engourdi par le froid