Dans le regard, une chandelle morte Dans le coeur, pas d'amis Pierrot Le clair de lune a pris la porte Le ciel bleu a mis un manteau Les mots jaillissant de la plume Sonnaient comme un mensonge odieux La vie s'habillait d'amertume Et tout ça pour l'amour de Dieu La vérité n'est pas celle qu'on nous apprend Pourquoi chanter les mots qu'ont inventé les grands ? Quand on nous ment, quand on nous lâche la main On apprend doucement à devenir orphelins... La mère Michel est hypocrite C'est elle qui a tué son chat... Elle l'enterra presque tout de suite Dans son jardin sous les lilas... Lustucru, l'alibi de service Avait tout vu, tout entendu... Mais on a cru à ce caprice D'un chat qui s'était perdu... La vérité n'est pas celle qu'on nous apprend Pourquoi chanter les mots qu'ont inventé les grands ? Quand on nous ment, quand on nous lâche la main On apprend doucement à devenir orphelins... Je revois la petite Marianne Qui pleurait derrière le moulin Elle allait seule, avec son âne, C'était pour y moudre son grain Les ailes ont cessé de tourner Un homme a brisé sa confiance On peut connaître le meunier Sans vraiment savoir ce qu'il pense La vérité... Y a tant de mousses qui chantent encore Au fond de la cale du bateau ivre Dans la misaine du vaisseau d'or Qui naviguent dans le creux des livres Les navires, condamnés à mort Sont tirés à la courte paille Pour savoir, enfin, dans quel port On chantera leurs funérailles Il n'y a plus de vérités bonnes à dire Quand les rois du mensonges ont gagné leur empire Tous les beaux rêves ont pris de vastes chemins On apprend doucement à devenir orphelins... On apprend sûrement à devenir orphelins...