Parler de tout, parler de rien De la pilule du lendemain De tous ces gestes jamais posés De toutes ces guéguerres insensées Que l'on subit cahin-caha Que l'on accepte j'sais pas pourquoi Parler à n'en plus finir Parler pour ne rien dire Aller jusqu'au bout de son cri Mais n'en renaître que la nuit Parler plus fort lorsqu'on est seul Lorsqu'on est seul avec sa gueule Les mots me cristallisent Les mots me cristallisent Parler souvent à l'imparfait De peur de vivre ce qu'il nous plaît Parler des autres et les médire Pour mieux se greffer un sourire Parler pour passer le temps Devant un café deux croissants Refaire le monde à son image Mais ne jamais tourner la page Pousser des cris des hurlements Pour se faire croire qu'on est puissant Mais se bouffer le coeur en trois Rien que d'entendre le mot combat Tes mots me cristallisent Lise Tes mots me cristallisent Parler à nu paupières closes Pour ne pas voir toutes ces choses Qui nous dérangent l'intérieur Trentième étage sans ascenseur Parler à perdre sa salive À répéter tous ces ouï-dire À fulminer, à se défendre À crier qu'on est pas à vendre À se délecter dans sa merde À se faire croire qu'on est superbe Parler de tout, parler de rien Mais surtout pas du lendemain Les mots me cristallisent Les mots me cristallisent Tes mots me cristallisent Lise Tes mots me cristallisent Parler de toi et de tous ceux Dont la plume n'est pas un jeu