Les gens des grandes villes N'ont pas le cœur tranquille La vie est difficile Ils se font de la bile Les gens des grandes villes Ne vivent pas mais défilent Ils sucent des pastilles Pour leurs nerfs qui torpillent Boivent de l'eau qui pétille Pour passer leurs lentilles Les gens des grandes villes Ont un système fragile Et leurs fils et leurs filles Longs comme des anguilles Au refrain tu gaspilles Maudissent la famille Léchant de la vanille Ils rêvent de béquilles Pour le père qui s'étrille À leur former les chevilles Un soir, quand tout roupille Sortant de leur coquille Ils ouvrent l'écoutille Emportant leurs guenilles Laissant entre cédilles Je m'en vais aux Antilles La police gentille Les retrouve à la Bastille Les gens des grandes villes N'ont pas le cœur tranquille Sous leurs airs immobiles Cachent une âme en exil Loin d'un pays, d'une île Où leurs beaux rêves scintillent Toute leur vie ils compilent Des regrets qu'ils empilent Et puis, las de leurs tuiles Par un jour plus fébrile Se sentant inutiles Ils se font sauter la pile Et leurs fils et leurs filles Sitôt lu l'Évangile Reviennent au domicile Prendre les ustensiles Mais soudain, ça frétille Il y a de la bisbille On se bat, on se pille Autour d'une estampille Un procès puéril Commence en cours civile Mais s'annonce stérile Car les taxes viriles Qui ne jouent pas aux billes Se ramènent et torpillent Tout le monde s'écarquille Autour d'une vétille Les gens des grandes villes N'ont pas le coeur tranquille Toute leur vie, ils sourcillent Pour faire de vieux drilles Les gens des grandes villes Aux usines de textile De textile, de textile