Je t'ai vue sourire à Versailles En dansant tous les menuets Cependant qu'on livrait bataille Outre-mer on s'entretuait Pour quelques arpents de silence Où je te retrouve aujourd'hui Dans toute ta magnificence Sous l'étoile qui nous conduit Parle-moi dans ton doux langage De la Loire ou du Limousin Que mon coeur garde en héritage Le pays dont je me souviens Tu marchais dans ton Acadie Vierge encore en robe carmin Jusqu'au jour où les incendies T'ont jetée sur les grands chemins Les bayous de la Louisiane Valaient bien les murs de Grand-Pré La bourgeoise et la paysanne Se sont tues sous un ciel pourpré Berce-moi dans tes bras fragiles Comme au bord du lac Pontchartrain Quand la neige brouillait les îles Au pays dont je me souviens Je t'ai vue pleurer d'abondance Un matin de mai quatre-vingt Où tout semblait perdu d'avance Que d'espoirs conservés en vain Le bon vent qui sèche tes larmes Souffle aussi ce temps dans l'oubli Pour que rien ne rompe le charme Du soleil qui nous éblouit Chante-moi de ta voix nouvelle Le plus beau printemps laurentien Que tous les enfants se rappellent Le pays dont je me souviens