Ange porteur d’espoir, connaissez-vous le doute Les lendemains de pluie de ces furieux exils Où l’attente se meurt en un adieu puéril Où l’aurore se lève sur un coeur en déroute Ange porteur d’espoir, connaissez-vous le doute ? On est seul, face à face avec soi, on est seul Et le regard inquiet des pensées qu’on devine Qu’on n’ose formuler de peur que se dessine Le spectre de l’absence en un pâle linceul L’espoir s’est dissipé en vaines certitudes Une âcre odeur de cendre et de printemps vieilli Subsiste et plane encore, baignant de lassitude Les lendemains de fête aux couplets refroidis Quelques rides à peine où l’attente a laissé Le vague écoeurement de se sentir vaincu L’ambition d’être jeune alors qu’on a vécu De se vouloir passant bien que déjà passé On est seul, face à face au miroir de l’oubli Cependant qu’un rayon s’esquisse et nous effleure Pâle et lointain, pourtant. Vivant bien qu’affaibli L’espoir s’est dissipé : l’espérance demeure...