Des souvenirs lui reviennent en mémoire De drôles d'images racontant son histoire Comme des paysages lointains et uniques Enfouis en elle tels des secrets magiques Elle pensait bien les avoir gommés, oubliés Tous ses moments heureux et privilégiés Elle n'y attachait même plus d'importance Elle qui vivait de bonheurs et de danses Son quotidien était bien une fête insolente Les heures annonçaient une joie permanente Pourtant, un jour, tout son univers a basculé Vers un autre monde glacé et sans pitié Le regard fixe, perdu, rivé à un plafond blanc Comme un linceul guettant ses derniers instants Elle était déjà partie vers un éternel ailleurs Où des ombres dressaient leur froide demeure Des voix, des rires, des chants et des pleurs Sont venus alors frapper à la porte de son coeur C'étaient tous ses amis autour d'elle réunis Qui venaient au secours de son âme démunie Soudain, ces paysages lointains et uniques Sont devenus plus proches, plus authentiques Et tous ces êtres familiers si forts maintenant Se sont approchés de son corps tout doucement C'est alors que l'impensable miracle se produisit Et elle qui n'était plus qu'une vivante en sursis Se dressa plus belle que jamais sur son lit Pour soulever le plafond, ce linceul blanc, trahi Le regard fixe, perdu, rivé à un plafond blanc Comme un linceul guettant ses derniers instants Elle était déjà partie vers un éternel ailleurs Où des ombres dressaient leur froide demeure On raconte aussi que dans le ciel, des anges par milliers Se sont posés sur son âme, et que le diable humilié Ne put l'empêcher de réunir ses forces pour combattre Elle avait assez attendu, elle était prête à se battre Elle s'est alors réconciliée avec toute l'humanité Et ses yeux n'ont plus craint cette absurde obscurité Car aujourd'hui, de douces lumières brillent à jamais Au plus profond de son être telles des paroles de paix Elle s'est aussi mise à chanter, à crier, à affirmer Que toutes ses heures oubliées, rejetées, enterrées Étaient bien de l'amour et elle lança alors un appel Aux oreilles de tous ces gens sains qui sommeillent Le regard vif, défiant rassurée ce plafond blanc Comme un linceul guettant ses derniers instants Elle est bien revenue dans un quotidien meilleur Avec d'autres anges, vers sa première demeure À tous ceux qui souffrent, doutent, ou qui se plaignent Pour des futilités où le superficiel les entraîne N'oubliez pas l'histoire de ces anonymes proches d'ici Qui ont compris que le plus important, c'est d'aimer la vie!