En ville, avais-je raison ? Je criais sur les maisons Que j'étais seul à être con En ville avais-je raison ? J'en ai douté, j'dois l'avouer Le jour où l'flot d'humanité S'est mis en coeur à entonner L'ère des complexités Un air déjà entendu Sonnant comme " on ne joue plus " On est sérieux, on va sans plus Affichant son révolu L'un derrière l'autre, on va sans faute Sans trop savoir à qui la faute Qu'est-ce qui fait que la vie sursaute Et nous confine au bas des côtes ? Passez, venez voir ! C'est la saison des bouffons ! On s'y envoie se faire voir On s'y tond entre moutons On cultive des poires Des faces à quatre mentons On refait la préhistoire Chacun à sa façon En v'là un, l'anneau dans l'nez Qui s'est mis à jouer les bouchons Au fond de sa vanité Il a trouvé sa raison Un autre s'est pris pour un complet On sait bien que rien n'est complet Tant mieux pour lui s'il s'y complaît Même imbécile il a l'attrait Avez-vous vu Châtelaine Et compagnie qui promènent Les modes à bien faire rigoler Grand-mère qui les a portées ? On passe et reste la démode Et les chiens qui nous voient passer Constatent, en pissant, quel exode Va mener au " rien à porter " Passez, venez voir ! C'est la saison des bouffons ! On s'y envoie se faire voir On s'y tond entre moutons On cultive des poires Des faces à quatre mentons On refait la préhistoire Chacun à sa façon Réitérant mes soupçons Est-ce donc que j'avais raison ? J'arrête les gens, j'pose des questions Personne ne me répond Chacun va d'un pas dérisoire Glisser au trou d'un entonnoir Et me ressemble, c'est bizarre J'ai peine encore à y croire En ville avais-je raison ? J'ai dû constater que non Que l'air imbécile ou l'air profond On est de la tradition En ville avais-je raison ? Je criais sur les maisons Que j'étais seul à être con... Alors qu'on est des millions !