On arrive sur la planète Avec les mains, les pieds, la tête Et puis un peu de remplissage Entre le ventre et le visage On vit de vingt à soixante ans Mêlées d'hivers et de printemps On croit qu'ça va durer tout beau Puis on finit par y laisser la peau Une jeune fille nous plaît Pour l'embrasser, on s'fend en quatre Et puis pour l'avoir au complet L'épouse avec le droit d'la battre Le lit est grand, la vie est belle On voit du feu, des étincelles C'est le bonheur, c'est les marmots Puis on finit par y laisser sa peau Pour prendre un verre et se distraire Et puis oublier ses misères On devient l'habitué d'un bar Toutes les nuits, les yeux hagards On rentre chez soi complètement saoûl Avec des larmes sur les joues En s'disant qu'demain, on boira de l'eau Puis on finit par y laisser, sa peau Seul, perdu dans l'humanité On rêve d'amour et d'un foyer D'un peu d'affection, de tendresse Ou bien alors d'une maîtresse Pour faire l'amour de temps en temps Au moins quand arrive le printemps Et qu'on a des goûts de taureau Puis on finit par y laisser sa peau Pour se ramasser un magot On se travaille le cerveau Les beaux jours passent sans qu'on les voit Préoccupé par ce qu'on croit Être le bonheur à l'autre bout Quand on aura enfin des sous Une maison ou une auto Puis on finit par y laisser sa peau Mais il paraît qu'au temps dernier On la retrouvera toute rapiécée Au paradis, on reprise tout Gênez-vous pas pour faire des trous !