Au bout d’une sinistre ruelle De chats de gouttière et de poubelles Une porte s’ouvre dans le noir Curieux et audacieux j’vas voir Il y a une table et un comptoir L’plafond est bas, y’a pas de fenêtres J’franchis le seuil pis j’vas m’asseoir Un frisson envahit mon être De mon corps j’ne suis plus le maître J’ai d’la misère à m’reconnaître Verre à la main, l’esprit en berne L’allégorie de la taverne Dans cette grotte providentielle Une ritournelle de Black Label Sur ma conscience un éteignoir Je sirote c’est mon seul pouvoir J’vois mon reflet dans l’fond d’mon verre J’vous dis qu’il me fait bien paraître J’pense pu pantoute à mes travers Et aux défaites de mes ancêtres Tout dehors pourrait disparaître J’ne bougerais pas d’un millimètre Scrutant le vide en subalterne L’allégorie de la taverne Est-ce une prison, est-ce bien réel ? Est-ce un roman de Georges Orwell ? J’ai pris racine dans ce repère De vieux bois mort et de bonne bière On a tamisé les lumières Et on s’occupe de mon bien-être Mais j’crois que j’ai d’autre chose à faire Comment sortir sans dev’nir traître La porte est à des kilomètres Suis-je bien là ou est-ce dans ma tête ? Saoulé d’alcool ou d’un monde terne L’allégorie de la taverne Sans m’évader je ne peux renaître J’veux une patrie pour apparaître Il n’y a pas que moi que ça concerne L’allégorie de la taverne