À chacun son tour, on pleure sur le monde À chacun son tour, on pense en mourir Ce soir c'est au tour de la grosse Raymonde Elle a des sanglots qui coupent le respire J'écoute Raymonde qui pleure et qui mouche À quarante-cinq ans son homme est parti Je ne trouve rien qui calme ou la touche J'écoute le monde, je pleure avec lui Il n'y a pas d'âge pour quelqu'un qu'on blesse Et pas de sagesse face au désespoir Pendant dix-hit ans, j'étais sa maîtresse J'pourrai plus dormir à part d'à soir Pour lui c'est fini, elle reste fidèle Il veut essayer de refaire sa vie Elle pense à l'amour laissé derrière elle Il va voir ailleurs, elle en meurt ici Moi je n'y peux rien, si tout va d'travers Qui a fait le monde sans en prendre soin Pleurons nos amours, c'est bon pour les nerfs La saison des pluies fait pousser le foin Mais l'espoir me vient de la grosse Raymonde D'un coup de sacoche elle remonte son sein J'm'en trouverai un autre, ç'pas la fin du monde À chacun son tour de croire aux humains