La cour de l'école

Paroles et musique : Jean-Hugues Labrecque.
© Productions Troubadours 2005


Ce texte est publié avec l'aimable autorisation de monsieur Jean-Hugues Labrecque et de madame Sara-Jane De Serres.
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30-09-2005


Quand j'étais plus jeune, le soir avant les cloches de 6 heures
On descendait dans la cour de l'école
En bicycle on jouait à la police pis au voleur 
En essayant de se péter la fiole
Nos mères nous voyaient pas sauter dans les airs
Ni sur le bicycle en plein milieu des escaliers
Pis si jamais on déterrait la hache de guerre
On n'avait pas le temps de se chamailler
C'était rendu l'heure d'aller souper

Les voleurs avaient toujours une bonne longueur d'avance
Pour avoir le temps de faire la banque
Déjà tout jeune on comprenait les questions d'intendances
Qu'on passe trop souvent sous silence
On peut pas t'arrêter même si tout le monde le sait
Que c'est toi le grand méchant qui prend l'argent
Pis si jamais on contournait le fardeau de la preuve
T'auras toujours des avocats pour nous remettre à l'épreuve

Dans la cour de l'école on apprenait la vie
Quand l'envie nous prenait de sortir de l'ennui

Plus tard à l'âge où tout le monde te dit ce qu'il faut faire pour être un homme
En plein milieu du temps des hormones
La cour de l'école était toujours ben populaire
Mais là après 8 heures le soir
Avec le vent pour emporter toutes nos histoires
En essayant de se rapprocher sans trop se faire voir
De celle qui avait su comment faire pour allumer
Ce qui fait qu'un gars laisse tout ses chums pis veut se mettre à danser

Dans la cour de l'école on apprenait la vie
Quand l'envie nous prenait de sortir de l'ennui

En vieillissant je suis même allé à l'école pour les grands
Mais dans la cour on ne jouait plus parce qu'il y avait trop de chars dedans
On pouvait quand même trouver un espace de gazon
Pour se mettre dans un état second pis parler de religion
Ou de n'importe quel sujet de conversation qui fait qu'on peut garder ses illusions
Pis oublier que dans la vie faut travailler
En se promettant solennellement du mieux qu'on peut le faire à 20 ans
Que même quand on sera rendu vieux on saura s'amuser

Aujourd'hui j'écoute les nouvelles au lieu des cloches de 6 heures
Ça parle encore de la cour de l'école
Ils ont pogné un concierge déguisé en violeur
Pis la police a même pas pu y péter la fiole
Me semble que je le pognerais drette-là je le ferais sauter dans les airs
Pis je le traînerais la face à terre dans l'escalier
Pis au cas où qu'il comprenne pas que j'ai déterré la hache de guerre
Je me chamaillerais encore un peu quitte à me passer de souper

Dans la cour de l'école il apprendrait la vie
Pis l'envie lui passerait de sortir de l'ennui


Ils ont interprété la chanson:

Jean-Hugues Labrecque et ses Créanciers (2005).

Parution initiale:

Faut changer le poste ! de Jean-Hugues Labrecque et ses Créanciers (2005, Les Productions Troubadours, TRB003).