Beaucoup de bruit Pour peu de choses Beaucoup de gestes Si peu de proses C'est l'éternelle comédie De ce que l'on nous a appris Petits C'est la ballade des froussards De ceux qui ont peur dans le noir Tous ceux qui dosent au millimètre Tous ceux qui dosent et qui s'inquiètent Les torturés, ceux qui angoissent De voir leur côte quitter l'ardoise Et qui se trouvent supérieurs Le pognon à la place du coeur Tous ces robots qui gesticulent Comme des fourmis minuscules Et qui regardent leur vie passer Entre deux contrats à signer Beaucoup de bruit Pour peu de choses Beaucoup de gestes Si peu de proses C'est l'éternelle comédie De ce que l'on nous a appris Petits C'est la ballade des pendus Entre deux cordes et deux avenues Les passionnés de la gribouille Les contorsionnés qui s'embrouillent Dans les méandres du passé De peur de voir la vérité Et qui s'expliquent le bien du mal En se torturant le moral Les boutonneux de la préface Ceux qui regardent le temps qui passe Comme un conte à dormir debout Et qui gesticulent à genoux Beaucoup de bruit Pour peu de choses Beaucoup de gestes Si peu de proses C'est l'éternelle comédie De ce que l'on nous a appris Petits C'est la ballade des tordus Qui arithmétisent leur salut En s'exprimant pour la défense Des orignaux et de leur panse Et qui le soir devant leur télé Se gavent de shows réalité C'est leur doctrine à bon marché Qui leur permettent de digérer Alors ils s'en vont faire dodo Emmitouflés dans leur condo Se javellisent la conscience Dans des draps blancs trempés d'essence Beaucoup de bruit Pour peu de choses Beaucoup de gestes Si peu de proses C'est l'éternelle comédie De ce que l'on nous a appris Petits Petits