Jean qui pleure

Paroles et musique : Louis Royer.
(1979) © Biendisance (SOCAN)


Ce texte est publié avec l'aimable autorisation de Monsieur Louis Royer.
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15-04-2006

Un enfant s'est noyé tout à l'heure
Dans la rivière près de chez lui
Est-ce Jean qui chante ou Jean qui pleure ?
La rumeur veut que ce soit celui
Que jamais nous n'avons vu sourire
Même le premier jour du printemps
Le soleil ne semblant pouvoir luire
Dans son univers un seul instant

Il allait souvent à la rivière
Où près d'un saule tôt le matin
Il cachait des trésors sous les pierres
Et rêvait d'un rivage lointain
Partageant sa tristesse profonde
Avec les vers et les escargots
Cependant que son frère à la ronde
Fredonnait son bonheur en écho

Quand il est entré dans le silence
La folie du courant dangereux
En échappant à sa vigilance
L'avait déjà saisi dans son creux
Il tomba d'un pays sans merveilles
Dans un tourbillon d'obscurité
Résonnaient au fond de ses oreilles
Les murmures de l'éternité

Repêché par un homme-grenouille
Il fut porté vers un fourgon bleu
À sa main pendait une quenouille
Du sang tachait ses cheveux sableux
Le soleil avait enfin pu luire
Par-delà les ombrages du temps
Sur ses lèvres brillait un sourire
Immobile insondable éclatant

L'eau qui glisse dans ce paysage
Ne peut dire en frôlant les rochers
Ce qui se passe sur le visage
De celui qui vient de s'approcher
Est-ce Jean qui chante ou Jean qui pleure
Auprès de son pareil sous la pluie ?
Un enfant s'est noyé tout à l'heure
Dans la rivière près de chez lui