Au vent de ses passions, l'homme est comme un navire L'aquilon qui l'emporte est celui qui l'abîme Au début il s'élance, à la fin il chavire Naufragé des tempête qui l'animent J'ai rêvé à des orage délicats À des pluies qui ne mouillent pas J'ai rêvé d'une foudre sans éclats D'un tonnerre qui ne rugit pas La terre qui le nourrit est celle qui l'enchaîne Le soleil qui le chauffe lui fait fermer les yeux Toute part de bonheur est payée de sa peine Chaque joie le fait mourir un peu J'ai rêvé de roses qui ne piquent pas D'une flamme qu'on tient dans ses doigts J'ai rêvé d'une sirène sans voix D'un mirage qui ne trompe pas Comme un oiseau sans aile qui regarde les cieux Il vise des sommets que jamais il n'atteint Et c'est futilement qu'il s'en remet aux Dieux Pour nier son implacable destin J'ai rêvé d'un paradis sans au-delà De miracles sans acte de foi J'ai rêvé de victoires sans combats D'un éden sans chemin de croix