Il y a au fond de mon coeur Une blessure terrible, un appel Qui saigne chaque jour à toute heure Si proche de mon enfance cruelle Le temps complice comme une armure Ne suffit pas à me faire oublier Que j'ai encore besoin à l'âge mûr De tous tes " je t'aime" comme bouclier Je voudrais tant que tu comprennes Juste une fois, juste pour moi Combien je souffre encore sans haine Moi, ton fils au coeur meurtri cent fois Je n'ai plus de colère, ni d'espoir Mais simplement envie que tu me dises Si seulement juste un instant, un soir J'ai compté plus que ton égo qui s'enlise Le temps complice comme une armure Ne suffit pas à me faire oublier Que j'ai encore besoin à l'âge mûr De tous tes " je t'aime" comme bouclier Ton coeur est-il donc si vide Que tu sembles une âme perdue, absente Lorsque ton visage devient livide Quand ton manque de tendresse me hante Je ne serai jamais ton fils Moi qui pleure comme un orphelin Dans les bras du monde propice À écouter ma complainte, mon chagrin Le temps complice comme une armure Ne suffit pas à me faire oublier Que j'ai encore besoin à l'âge mûr De tous tes " je t'aime" comme bouclier Je voudrais que mes mots t'atteignent Comme les balles d'un vieux fusil Pour qu'au moins ton corps se souvienne Qu'il a souffert pour que je sois ici Tu ne m'as jamais embrassé Mais qu'est-donc l'amour pour toi Toi dont le coeur bat comme lassé Par ses propres battements aux abois ? Le temps complice comme une armure Ne suffit pas à me faire oublier Que j'ai encore besoin à l'âge mûr De tous tes " je t'aime" comme bouclier J'ai accepté toutes ces évidences J'ai appris à grandir loin de ton amour Je me suis habitué à ces souffrances Mais peut-être comprendras-tu un jour ? Que j'existe par delà ton indifférence Que je te pardonne pour mieux t'aimer Toi, ma mère, dont je réclame la présence Auprès des miens juste pour nous aimer Le temps complice comme une armure Ne suffit pas à me faire oublier Que j'ai encore besoin à l'âge mûr De tous tes " je t'aime" comme bouclier