Il rêvait de glisser ses mains Le long d’un cou tout doux tout doux De couler ses petits matins Blotti au chaud peau contre peau Oui mais pour les tendres discours Il était nul, "N" majuscule Les mots circulaient à rebours Peine perdue, c’était fichu Hubert, Hubert Braquait plutôt pour l’offensive Ses armes d’attraction massive Deux revolvers : ses grands yeux pers C’est dans le métro qu’insatiable Son beau regard velours buvard Cherchait des prunelles affables Pour y plonger, pour s’y noyer Il y trouvait des manigances Des hypothèques et des comptes-chèques Du vide ou de l’intolérance Du m’as-tu-vu, du déjà vu Hubert, Hubert Revenait coup sur coup bredouille De ses souterraines vadrouilles Que des revers à l’inventaire Et puis un jour, coup de théâtre Il est frappé, pulvérisé À coups de pupilles folâtres Sans préambule il y bascule Partout des désirs vagabondent Fous à lier, en liberté Si l’espace et l’espoir abondent Pas plus d’ennuis que d’interdits Hubert, Hubert Nageait dans la béatitude Voltigeait à haute altitude Voluptuaire itinéraire Il n’eut désormais qu’une envie Prendre le train soir et matin Parcourir ce nouveau pays Trouver les clés de ses cités Cette oculaire liaison Tissait des liens au quotidien Un jour elle se leva d’un bond Alla vers lui et lui dit : Oui Oui, oui, oui, oui Je t’emmène dans tous mes voyages Prends l’aller simple, sans bagages Dans mon circuit, tout est compris Histoire de refaire connaissance Parfois ils vont dans un wagon Se dénuder l’âme en silence Puis rentrent heureux, plus amoureux Il glisse lentement ses mains Sur son long cou tout doux tout doux Il coule ses petits matins Blotti au chaud contre sa peau