On porte toujours en soi un peu de son pays Et moi je n'oublie pas que je suis d'Acadie Si mon histoire est triste, ce n'est pas votre faute Mais soyons des artistes, écrivons-en une autre Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique Avec des arcs-en-ciel, d'la danse et d'la musique À partir d'aujourd'hui, bâtissons l'avenir En gardant du passé nos plus beaux souvenirs Grand Pré, c'est là que tout a commencé Grand Pré, c'est là que nous avions rêvé Grand Pré, de bâtir un monde nouveau À l'abri des tempêtes, au bord de l'eau Grand Pré, c'était un peu le paradis Grand Pré, les Indiens, c'étaient nos amis Grand Pré, à l'abri des arbres géants Dans le Bassin des Mines, à l'origine Du nouveau continent Non, ils sont pas venus, les soldats, c'est pas vrai Car dans la petite église, tous les hommes priaient Les femmes à la maison préparaient le fricot Les enfants dans les champs suveillaient les troupeaux Non, elle n'est pas venue, la si terrible guerre Qui déchire les familles et crée tant de frontières Si c'est ça mon histoire, je refuse d'y croire Je préfère oublier ce qui est arrivé Grand Pré, tout un peuple qu'on a déporté Grand Pré, une page d'histoire qu'on a déchirée Grand Pré, les maisons, les fermes, brûlées Tout c'qu'on avait bâti s'est effondré Grand Pré, où sont les Leblanc, les Légère Sont-ils en Louisiane ou à Belle-Ile-en-Mer Grand Pré, comment faire pour garder l'espoir Allons-nous nous revoir, comment savoir Où se trouve l'Acadie Dans les prisons de Londres et dans le port de Nantes Pendant de longues années, ils vivèrent dans l'attente De pouvoir retourner chez eux en Amérique On les a bien nommés, les piétons de l'Atlantique Ces braves paysans qui venaient du Poitou Du Berri, d'la Touraine, d'la Bretagne, de l'Anjou Ils avaient tout quitté pour un peu d'liberté On les a condamnés à vivre en exilés Grand Pré, je ne veux pas vous faire pleurer Grand Pré, mais je ne peux pas oublier Grand Pré, que mes ancêtres étaient Français Et tout ce qu'ils voulaient c'est vivre en paix Grand Pré, nous n'étions que quelques milliers Grand Pré, nous n'avons pas abandonné Grand Pré, aujourd'hui nous pouvons rêver Trois millions d'Acadiens et d'Acadiennes continuent à chanter Nous avons survécu Nous sommes les invaincus Nous nous sommes relevés Nous avons triomphé Nous connaissons la guerre La faim et la misère Mais nous n'avons ni frontière Ni haine, ni regard en-arrère Nous marchons droit devant Vers le soleil levant Fiers de notre héritage Parlant notre langage Marchant à notre pas Chantant Alléluia Enfants de l'Acadie Notre histoire nous a grandi Notre histoire n'est pas finie