Georges et Jeanne

Paroles : Victor Hugo.
Musique : Alain Lecompte.
1870
Moi qu'un petit enfant rend tout à fait stupide
J'en ai deux : Georges et Jeanne; et je prends l'un pour guide
Et l'autre pour lumière, et j'accours à leur voix
Vu que Georges a deux ans et que Jeanne a dix mois
Leurs essais d'exister sont divinement gauches
On croit, dans leur parole où tremblent des ébauches
Voir un reste du ciel  qui se dissipe et fuit
Et moi qui suis le soir, et moi qui suis la nuit
Moi dont le destin pâle et froid se décolore
J'ai l'attendrissement de dire : Ils sont l'aurore

C'est le langage vague et lumineux des êtres
Nouveaux-nés, que la vie attire à sa fenêtre
Et qui, devant avril, éperdus, hésitants
Bourdonnent à la vitre immense du printemps
Ces mots mystérieux que Jeanne dit à Georges
C'est l'idylle du cygne avec le rouge-gorge
Ce sont les questions que les abeilles font
Et que le lys naïf pose au moineau profond

Ò Jeanne ! Georges ! Voix dont j'ai le coeur saisi!
Si les astres chantaient, ils bégaieraient ainsi
Leur front tourné vers nous nous éclaire et nous dore
Oh ! D'où venez-vous donc, inconnus qu'on adore ?
Jeanne a l'air étonné; Georges a les yeux hardis
Ils trébuchent, encore ivre du paradis



Ils ont interprété la chanson:

Alain Lecompte (2001).

Parution initiale:

Victor Hugo Live d'Alain Lecompte (2001, Nordisques, NDQCD-1602).