Je sais des paysages Que l'on dit si jolis Pour mieux faire naufrage Que de faux paradis Je sais des cathédrales Détruites en une nuit Sans la moindre bataille Par manque d'appétit Je sais des clairs de lune Donnant tant de lumières Que le sable des dunes Éblouis nos chimères Je sais aussi bien sûr Le sublime équilibre Effrayant fragile Entre l'humain et l'île Je sais tant de falaise Sculptés à même l'eau Abrupte et sanguinaire Où se meurent les mots Je sais tant de clameurs Dont tu fis des murmures Par trop peu de courage L'histoire nous le susurre Je sais quand tombe l'aube Que s'étale l'oubli Quand le silence vacarme Nos folles inepties Je sais aussi bien sûr La démesure des gestes Ces gestes sans mesure Quand je bave je te déteste Je sais le temps venu Des espérances vaines Quand on se sent vaincu Ey le coeur à la traîne Je sais les égarements Les cris les hurle vents Quand des vagues se cassent Sur nos étendrements Je sais quand la candeur Dissimule la ruse Mais le ruse n'est-elle pas La faiblesse des muses Je sais aussi bien sûr Qu'il me reste ce soir Encore et malgré tout La beauté d'être là