Deux enfants qui s'amusent À jeter des pierres à l'eau Ne s'interrogent pas Si demain il fera beau Ils rigolent c'est tout À trop se demander Ce que sera demain L'on oublie trop souvent Les gestes d'une main Pareil à ces deux-là Qui s'aiment en alternance Entre deux cris d'amour Et deux coups de jouissance Ils s'aiment à genoux Mais l'amour ce n'est pas Une génuflexion C'est un grand champs de blé Au temps de la moisson Je déclare ce soir Mais je n'affirme point Le temps n'a d'importance Que s'il ne sert à rien Lui trois maisons deux voitures Un chien appelé Gaugin Une maîtresse en partance Une autre qui revient Entre deux somnolences Le bureau qui rumine De pas c'est le train-train D'une vie qui se frustre De n'être pas plus loin Et l'autre qui ne sait plus Attendre sans se taire Jacasse des âneries Entre deux somnifères Voyage à Tombouctou Les amants qu'elle a eus Ils n'ont pas su y faire Et c'est depuis ce temps Qu'elle jouit en solitaire Je déclare ce soir Mais je n'affirme point Le temps n'a d'importance Que s'il ne sert à rien Et puis y a tous les autres Qui du pareil au même Obsédés de lubies Déchantant leur rengaine Entre deux parenthèses Qui après trente-cinq ans Toucheront leur pension Pour service rendu Dans des cages en béton Je déclare ce soir Mais je n'affirme point Le temps n'a d'importance Que s'il ne sert à rien Le temps n'a d'importance Que s'il ne sert à rien