Diogène avait bien raison Vive la solitude J'vis dans un quarante-cinq gallons Une question d'habitude Terminés les bains d'foule Les lavages de cerveaux J'tire le bouchon J'ai changé d'opinion Si un génie trouva logis Au creux d'une bouteille Mon cas est par analogie Sensiblement pareil On respectait Napoléon En raison d'ses gallons J'estime avoir droit Au même blason Vivre en tonneau C'pas du bidon C'est un sacré métier Y m'arrive de tourner en rond D'voir pas plus loin qu'mon nez Mais tant qu'j'aurai la conviction De n'pas m'être fait rouler Je resterai fidèle à mon idée Je serai un des grands prophètes Des années deux mille Celui qui du fond d'sa cachette Créa les bidonvilles J's'rai président ipso facto De tous les fonds d'tonneaux Et chaque diplôme sera gravé de mon sceau Les présidents, les financiers Éblouis à l'idée De voir partout Comme des égouts Des barriques habitées Investirent jusqu'au dernier sou Enfin un produit bien de chez nous Ouvrons la porte à la prospérité Mais notre discipline acharné Connut une triste fin Oubliant que les vidanges passent Tous les lundis matins Victime d'une lâche agression Fut tiré dans l'camion Partout en ville c'était la confusion Lentement le blanc corbillard Emportait le défunt Et le projet si opportun Et aussi les dollars Adieu la cité des bidons L'histoire finit en queue d'poisson Sauf pour le populo Qui devra payer le gâteau Sauf pour le populo Qui devra payer le gâteau