C’est dans la nature morte des ombres qu’on se retrouve Après des lunes et des louves et des cieux comme des eaux fortes C’est nulle part qu’on se réconforte quand dehors gronde l’orage Qu’en-dedans on sent monter la rage et que les vagues de fureur l’emportent C’est contre la montre qu’on coure, qu’on cavale Pour la fleur de l’amour qui avec le temps se fane Et pour ce rêve insensé qui te brûle et te hantera Jusqu’au dernier jour si tu passes à côté, si tu passes droit C’est dans les velours surannés des alcôves qu’on échoue Lorsque le coeur s’est usé et que le désir est à bout Et c’est dans un gouffre sans fond qu’on tombe Lorsque l’on souffre au point de se voir dans sa tombe Jusqu’où peut aller le compteur ? Jusqu’à quand battra mon coeur ? On croit que ça se compte en années alors qu’en fait ça se compte en heures Assez de ciel brouillé, assez de noir broyé Délaisser les encres pour une orgie de couleurs Enfin lever l’ancre et m’enivrer d’ailleurs Et de chacun des instants qui feront mon présent M’ouvrir comme une porte, faire entrer la lumière Que deviendrai-je ? Qu’importe ! Tout mais pas comme hier ! Une cargaison de chimères, un sac plein de noeuds de vipère Mon moi, mon ça, mon surmoi, mon karma, mon djihad, mon chemin de croix Jusqu’où peut aller le compteur ? Jusqu’à quand battra mon coeur ? On croit que ça se compte en années alors qu’en fait ça se compte en heures