Le monde est une rivière de monde Pressée d'arriver à la maison, à la maison À peine sortie de son lit Que la rivière fait provision de noyés Au teint vert qui hantent les poissons Mais j'ai marché sur l'eau avant l'âge de raison J'ai voyagé sur un bateau qui fuyait toute destination J'ai voulu prendre la vie par le bout du crayon Mais j'ai échoué sur une île sans relation L'avenir épouse la forme d'un ballon Dans mes rêves les plus fous Je perds toute trace du sol et des environs S'éloigner de la fatigue accumulée Lors de voyages dans un pays dépourvu de saison Mais j'ai tendu la main vers ceux qui me mentaient J'ai causé la torture et la mort de plusieurs illusions J'ai voulu voir le monde se tromper à ma façon Mais j'ai dû payer plus que ma part avec ma raison Faque j'ai pris toutes, toutes, toutes les drogues Et les médicaments pis ça focke toute, toute, toute Ma libido pis mon bon sang J'ai fait les 400 coups d'avant 58 Quand j'ai la tête en gigue, c'est pour mieux... mon enfant Pis j'ai lu toutes, toutes, toutes Les histoires et puis les romans J'ai perdu goutte à goutte mes ambitions d'adolescent J'ai vu la génération des oiseaux kamikazes Avec la gueule de bois en guise de rayonnement