Elle a vécu sa vie Comme une mer qui tangue Elle fait deux fois son âge Par jour de grand naufrage Si elle a eu des hommes Ce fut des hommes de passage Des prétendus marins Habillés de costard Tout est bien Tout est bien Elle a joué sa vie Souvent à la roulette Dans des chambres de marbre Hantées de statuettes Si elle s'est dévêtue Plus souvent qu'à son tour Ce fut toujours pour le fric Mais jamais par amour Tout est bien Tout est bien Elle a vécu sa vie Comme tous ceux de sa race Sans jamais vraiment penser À tous ces lendemains Ces lendemains qui viennent Ou non quoique l'on fasse L'avenir appartient À ceux qui se lèvent crétins Crétins Déjà fillette elle pensait D'une manière un peu bizarre Enfin d'une autre manière Que les filles de son âge Elle dessinait sur les murs Des graffitis obscènes Des graffitis prônant La condition humaine Tout est bien Tout est bien Les écolos-gauchos Et les fachos bidasses Les met tous dans le même plat Leur met tous le même masque Car de tous les drapeaux Qu'elle préfère c'est le noir Elle trinque aux anarchistes En buvant son Ricard Tout est bien Tout est bien Elle a vécu sa vie Comme tous ceux de sa race Sans jamais vraiment penser À tous ces lendemains Ces lendemains qui viennent Ou non quoique l'on fasse L'avenir appartient À ceux qui se lèvent crétins Crétins Elle n'a pas voulu z'être Et n'a jamais été Autre chose qu'un tas de merde Entouré de fumier Elle n'a pas de convictions Encore moins de croyance Elle dit que le bon Dieu C'est un mec qui se branle Tout est bien Tout est bien Lorsqu'elle sera trop vieille Pour pouvoir regarder Un coucher de soleil Au-dessus d'un champ de blé Elle se fera overdose Enfin un truc comme ça En se tapant deux larrons Cloués sur une croix Tout est bien Tout est bien Elle a vécu sa vie Comme tous ceux de sa race Sans jamais vraiment penser À tous ces lendemains Ces lendemains qui viennent Ou non quoique l'on fasse L'avenir appartient À ceux qui se lèvent crétins Crétins Elle a vécu sa vie Comme tous ceux de sa race Sans jamais vraiment penser À tous ces lendemains Ces lendemains qui viennent Ou non quoique l'on fasse L'avenir appartient À ceux qui se lèvent crétins Crétins, crétins, crétins, crétins