J'habite la basse, ce pourrait être Soho Comme la fonte sur les murs La glace est noire qui coule ici C'est c'que j'me dis En bas de la Côt' Badélard Y'a pas d'endroits pour les cauch'mars La ville dilue ses eaux-fortes Je suis à jeun, mais pourrais être soul Avec une ville dans chaque oeil Assez de larmes pour les noyer Au plein janvier J'suis triste comme un boulevard Hanté par l'ombre des clochards La ville, c'est une natur' morte J'agrippe la rampe, comme en dernier recours Contre la charge des remords Autrement sur quoi m'appuyer Pour oublier Qu'en haut de la Côte Badélard J'ai détruit l'oeuvre de mon art Et que l'diable m'emporte Je suis gelé le froid n'y est pour rien C'est d'savoir qu'en dépit de tout Y'a pas d'foyers pour les vauriens Ni d'épithètes Je suis homme et je le regrette Votre pardon n'est pas le mien Puisqu'il tient close votre porte J'irai ce soir, si ce soir le voulait Si j'arrivais à faire un pas J'irais boire tous mes regrets En haute ville Mais la bière est bien inutile Quand le corps aussi se défait Des bienfaits que l'alcool apporte Dans ma mémoire, le Christ en majesté Ferme les portes de son coeur Y as-tu quelqu'un qui veut frapper Moé ch'pas d'équerre Avec le fils de notre père J'laiss' ce soin à notre curé Et que l'diable l'emporte J'habite la basse, ce pourrait être Soho Ou Madison et peu m'importe J'habite une langue étrangère Vaut mieux me taire En bas de la Côt' Badélard Rester citoyen de null' part En attendant que je m'en sorte