Chansonnette, ma soeur

Paroles et musique : Michel Décary.
1996
J'écoute nos chansons, mon Dieu quelle hécatombe
Verlaine en sanglots longs, se retourne en sa tombe
La logique flouée, la grammaire en douleur
Rimbaud reste cloué aux poteaux de couleur

Plus de faucille d'or dans le champs des étoiles 
Plus de vol de gerfauts hors du charnier natal
Chansonette ma soeur, de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous futes laissé

Poésie comme prose, vous êtes à déplorer
Ronsard pleure sa rose, ce matin déflorée
Des auteurs  populaires renvoyés de l'école
Bousculent Beaudelaire en confuses paroles

Plus de vents alizés inclinant leurs antennes 
Fini les bois charmants qui jaunissaient à peines
Chansonette ma soeur, oh quel mortel ennui
Contre tout votre sang vous anime aujourd'hui

Nos vers aux rimes plates, nos histoires qui ennuyent
Font honte aux Roubayat, aux mille et une nuits
Quand sans cesse revient, ce refrain qui dérange
Éluard en devient tout bleu comme une orange

Plus d'azur de phospore dans la mer des tropiques
De formes contemplées dans les champs pacifiques
Chansonette ma soeur, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable



Ils ont interprété la chanson:

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Parution initiale:

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