Ceux qui aiment un peu le disent sans pudeur Ils ont le coeur léger, les sentiments frivoles Ils se donnent à l'amour comme on offre des fleurs Leurs mots et leurs baisers, sitôt posés s'envolent Ceux qui aiment beaucoup attendent pour le dire Ils perdent la raison, l'appétit, le sommeil Vient le jour des aveux, leur coeur est en délire Ils prononcent enfin les mots rêvés la veille Ceux qui aiment vraiment ne le disent jamais Autrement que par des chansons ou des poèmes Célébrant des amours éternels et parfaits Qu'ils ne connaîtront pas mais qu'ils chantent quand même Ceux qui aiment un peu ne vivent pas ensemble Ils se croisent et s'embrassent et l'amour les emporte Vers d'autres aventures qui toujours se ressemblent Mais qui sont toujours neuves car celles d'hier sont mortes Ceux qui aiment beaucoup passent leur vie à deux Ils ont un doux foyer, des enfants qui s'amusent Chaque jour sans rien qu'on fasse est un jour heureux Car ce sont des amours que jamais le temps n'use Ceux qui aiment vraiment vivent de leur côté Des désirs impossibles et leurs coeurs s'abandonnent Aux cruelles douleurs des amours sans objet Quand les mots sont si beaux et qu'il n'y a personne Ceux qui aiment un peu se quittent sans douleur Et même en général ça les soulage un peu Car leurs amours s'enflamment aussi vite qu'ils meurent Les blessures du coeur n'ont pas prise sur eux Ceux qui aiment beaucoup pleurent en se quittant Le souvenir blessé de leurs années perdues Ils sont inconsolables, ils regrettent le temps De leur jeunesse et plaignent leur amour déçu Ceux qui aiment vraiment ne se quittent jamais Ils sont ensembles dans la même déchirure Et les même chansons dont les mots imparfaits Font au coeur d'innocentes et profondes blessures Mais il y a aussi Tous ceux qui n'aiment pas