Un enfant naît en Palestine Sous un’ pluie de tirs de mortiers Dans un bidonville d’Argentine Un jeune homme devient bachelier Une fillette en terre d’accueil Voit ses rêves se réaliser Pendant qu’une autre dans un fauteuil N’arrive même plus à marcher Quoi que l’on dise Quoi que l’on chante C’est la seule réalité Un irakien fait ses prières À Paris dans une mosquée Pendant qu’son frère mange kasher Avec Sarah, sa bien-aimée Au Vatican, la soutane blanche Au nom du fils réincarné Inquisitionne nos consciences Et ressuscite les bûchers Quoi que l’on dise Quoi que l’on chante C’est la seule réalité (Refrain) On est tous des êtres fragiles Petits animaux palpitants À l’affût d’un coeur qui se tend Et quand enfin il se profile Sur les rives nues de notre île On peut faire des pas de géant Un Somalien berce sa soeur Sous une tente de réfugiés Elle sera morte dans quelques heures Poupée à peine caressée Pendant qu’toutou mange son caviar Dans un cinq étoiles canin Certains Ricains traitent leurs clébards Bien mieux que leurs Portoricains Quoi que l’on dise Quoi que l’on chante C’est la seule réalité Une Iranienne est écrouée Pour avoir tué son tortionnaire Un pédophile est libéré Grâce à sa conduite exemplaire À Liège, Nathalie et Stacy Encore à leurs premiers murmures En sortant d’une braderie Crèvent sous l’assaut d’une ordure Quoi que l’on dise Quoi que l’on chante C’est la seule réalité (Refrain) On est tous des êtres fragiles Petits animaux palpitants À l’affût d’un coeur qui se tend Et quand enfin il se profile Sur les rives nues de notre île On peut faire des pas de géant Un travailleur lève son verre Dans une brasserie à Berlin À la santé de son compère Qui peine de nuit à Dublin À Montréal des sans-abri Des vieillards sont laissés pour compte Y a rien de mieux que le mépris Pour se préserver de la honte Quoi que l’on dise Quoi que l’on chante C’est la seule réalité Quarante millions de sidéens Parqués à travers la planète Attendent la mort dans leur coin Comme une tare que l’on rejette C’est ainsi que se perpétue Le flot de nos indifférences Les gestes qu’on ne pose plus Sont autant d’aveux d’impuissance Quoi que l’on dise Quoi que l’on chante C’est la seule réalité (Refrain) On est tous des êtres fragiles Petits animaux palpitants À l’affût d’un coeur qui se tend Et quand enfin il se profile Sur les rives nues de notre île On peut faire des pas de géant On est tous des êtres fragiles