Le printemps est en fleurs Malgré ces temps maussades Tous ces enfants chagrins Rêvent de barricades L’espoir souffre à ce point Qu’il est méconnaissable Quand je chante l’humain J’ai peur de mes semblables Le printemps est en fleurs Mais j’ignore à quel point Le temps qu’il me faille Pour refaire le plein Y a trop de déchirures Dans le regard de l’autre Et trop de crève-la-faim Qui mendient leur obole Si je me bats encore Et si encore j’existe Je le dois à celle Qui fait sourire Le coeur l’anarchiste Le printemps est en fleurs Mais dans tous les jardins Y a des roses qui se meurent Agonisant sans fin Y plus de jardiniers Pour oser prendre soin d’elle Ils sont partis ailleurs Ramasser les poubelles Le printemps est en fleurs Mais j’ai beau regarder Il n’y a aucun signe Qui annonce l’été Car dans trop de regards J’y vois l’indifférence Il paraît que la peur Engendre le silence Mais si je me bats encore Et si encore j’existe Je le dois à celle Qui fait sourire Le coeur de l’anarchiste Y a pas assez de ponts Beaucoup trop de rivières Dites-moi à quelle heure Prends-on sa dernière bière