Y'a d'la furie qui foisonne et trop d'mal en patience Tant que les savants déraisonnent et s'oxyde la science La bêtise est à la une des presses abruties Et le génie se résume à l'étalage d'esprit Maxime s'essouffle à l'usage et l'Aigle est une proie L'Avare est le rôle à la page et Rastignac est roi L'éphémère et le friable ont la cote au marché L'occident se cherche un coupable et l'orient veut Mickey Bousculade à l'Ambigu sur une estrade exiguë Les acteurs s'arrachent la peau pour avoir le dernier mot Quelqu'un à volé l'pactole et tout l'monde sait qu'c'est Guignol Y s'la coule douce au Mexique en revendant les répliques À mort le metteur en scène ! Les comédiens se déchaînent Et dans la fosse expédient tout le décor avec lui Comme ils allaient mettre le feu un parvenu vient vers eux Arborant tout son mépris : Je suis l'auteur ! Il s'écrie Si vous voulez des répliques, cessez votre ignoble cirque Faites comme les "gens comme il faut" et payez-vous des faux ! Les artistes consternés n'ont plus rien sous la dent Les producteurs avinés trinquent aux succès des glands L'impossible est si probable et les faux si parfaits Que la méprise est pardonnable autant que les méfaits Usurpant quelque notoire et fieffée position Charlatan passera à l'histoire et Juste en dérision On vante les vertus du sable et l'confort du tombeau Le bonheur des misérables et la grandeur des nabots On préfère à Cyrano la ruse de Vautrin Et le scénario d'un porno à un alexandrin Le ridicule ne tue guère et la paix coûte un bras Avancez par en arrière on vous remboursera ! Rideau !