Aveuglément

Paroles et musique : Nicolas Maranda.
© 1991 Nicolas Maranda
1991
Le dernier métro tarde à rentrer
Les paumés vont s'éparpiller
Je ne vais nulle part, j'y suis déjà
De toutes façons, tu n'y serais pas

La tête baissé, le coeur baisé
Les yeux par terre, le bouche amère
Je suis comme le dernier des chiens
Le dernier des riens

À tes pieds, ensanglanté
Démissionnaire et renvoyé
Je suis en verre, tu y vois tout
Je ne suis que l'air qui est entre nous

Comme un bébé, je pleure encore
Ça ne change rien, je suis déjà mort
Le jour où je t'ai abandonné
À tout tâter, j'ai tout brisé

Aveuglément
Aveuglément

J'aimerais me cacher dans le creux de tes mains
Disparaître, être moins que rien
Devenir l'air que tu respires
Caresser un de tes rires

Mais déjà, tu te retires
Tu fais un pas, ça me déchire
Tu me touches et ça me brûle
Mais je m'effondre quand tu recules

Et dans les champs, plus rien ne pousse
Seulement les souvenirs s'éclaboussent
Et malgré les rafales de pluie
Rien ne peut effacer l'incendie

Qui ravageait, écume encore
Qui arrachait les tripes du corps
Qui a ri, ri tellement fort
Et qui encore, mord

Aveuglément
Aveuglément

Pourquoi suis-je, pourquoi es-tu
Par quelle erreur nous sommes-nous connus
Tu es mon âme, tu es mon corps
Tu fus ma vie, tu seras ma mort

Et je fuis sans me retourner
Et je braille de ta beauté
J'ai vu la mort, je l'ai croisée
Je suis sous terre, viens m'y trouver

Moi qui tu croyais tellement fort
Meurtris mon corps jusqu'à l'aurore
À coups de Scotch et de bière en fut
Jusqu'à ce que mes sens ne répondent plus

Et maintenant, me voilà nu
Comme un môme dans la rue
Orphelin par son propre choix
Prisonnier d'un béant pourquoi

Pourquoi ?
Pourquoi ?



Ils ont interprété la chanson:

Nicolas Maranda (1991).

Parution initiale:

Deux de Nicolas Maranda (1991, Tacca Musique, TACD-4501).