Le dernier métro tarde à rentrer Les paumés vont s'éparpiller Je ne vais nulle part, j'y suis déjà De toutes façons, tu n'y serais pas La tête baissé, le coeur baisé Les yeux par terre, le bouche amère Je suis comme le dernier des chiens Le dernier des riens À tes pieds, ensanglanté Démissionnaire et renvoyé Je suis en verre, tu y vois tout Je ne suis que l'air qui est entre nous Comme un bébé, je pleure encore Ça ne change rien, je suis déjà mort Le jour où je t'ai abandonné À tout tâter, j'ai tout brisé Aveuglément Aveuglément J'aimerais me cacher dans le creux de tes mains Disparaître, être moins que rien Devenir l'air que tu respires Caresser un de tes rires Mais déjà, tu te retires Tu fais un pas, ça me déchire Tu me touches et ça me brûle Mais je m'effondre quand tu recules Et dans les champs, plus rien ne pousse Seulement les souvenirs s'éclaboussent Et malgré les rafales de pluie Rien ne peut effacer l'incendie Qui ravageait, écume encore Qui arrachait les tripes du corps Qui a ri, ri tellement fort Et qui encore, mord Aveuglément Aveuglément Pourquoi suis-je, pourquoi es-tu Par quelle erreur nous sommes-nous connus Tu es mon âme, tu es mon corps Tu fus ma vie, tu seras ma mort Et je fuis sans me retourner Et je braille de ta beauté J'ai vu la mort, je l'ai croisée Je suis sous terre, viens m'y trouver Moi qui tu croyais tellement fort Meurtris mon corps jusqu'à l'aurore À coups de Scotch et de bière en fut Jusqu'à ce que mes sens ne répondent plus Et maintenant, me voilà nu Comme un môme dans la rue Orphelin par son propre choix Prisonnier d'un béant pourquoi Pourquoi ? Pourquoi ?